Très étroitement liée à la célébration de l'office, la première reprend le récit de la
Passion du
Christ, tel qu'il est écrit dans les évangiles, sans modification.
L'alternance de stophes de chroals et d'airs plus contemplatifs respecte les règles de la versification. Les textes sont écrits pour la circonstance.
Rapidement on intercala, entre les paroles du
Nouveau
Testament, des parties dites "
madrigalesques", cest-à-dire des airs sur des paroles d'invention libre, qui commentent le texte biblique et des chorals d'écriture homophone et très expressive qui représentent l'assemblée des fidèles. Elle est réservée aux salles de concert, non à l'église.
C'est à cette seconde catégorie qu'appartient la
Passion Brockes [
Passion selon Brockes].
Le texte de
Barthold Heinrich Brockes [1680 - 1747], "
Jésus martyrisé et mourant pour le péché du monde" [Hambourg 1712], est la plus célèbre version poétique de la
Passion du
Christ.
Le texte de
Brockes connut un succès immense et immédiat, et a été mis en musique à peu près à 13 occasions. Les compositeurs qui se sont attaqué au texte sont, entre autres,
Reinhard
Keiser en 1712, par
Haendel et
Telemann en 1716, par
Mattheson en 1718. Le livret de la
Passion selon Saint Jean de
Bach emprunte au texte de
Brockes [Bwv 245, Leipzig 1724].
Le musicien et critique
Johann
Mattheson considère ces
Passions-
Oratorios comme des
opéras sacrés.
Les livrets de Neumeister:
L'ajout de strophes de cantiques ou de poèmes d'invention libre aux textes de l'Évangile, loin de constituer un idéal littéraire, aboutissait à une juxtaposition d'éléments et de syles disparates. Aussi plusieurs librettistes essayèrent de réécrire le texte de l'Évangile et les commentaires lyriques dans une langue homogène. Les textes des cantates rédigés de 1700 à 1716 par Erdmann Neumeister en sont le prototype.