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Comme
beaucoup de cantatrices, les castrats portaient des
surnoms.
Ceux-ci ont une valeur affective, une sorte de 'marque de
fabrique', une manière de reconnaissance, du public
envers le chanteur, ou du chanteur envers un personnage ou
une famille, ainsi que les villes natales ou les
rôles:
Giovanni
Casterini
rend ainsi hommage à la famille Cusani, nobles
milanais, en portant le surnom de
Cusanino.
Gaetano
Majorano,
lui, élève de Caffaro de Bari, se surnomme
Caffarelli.
Hubert,
ou Uberti,
italo-allemand, étudia au Conservatoire de Santa
Maria di Loreto, dans la classe de Nicola Porpora. Il lui
rend hommage avec le surnom de Porporino.
Gioacchino
Conti
sera Gizziello en hommage à Domenico
Gizzi, et Angelo
Monanni
se surnomme Manzoletto, ayant
été l'élève du castrat
Manzuoli.
Protégé par les trois frères Farina de
Naples, Carlo
Broschi,
élève de Porpora, prendra le surnom de
Farinelli. Les italiens du sud, compatriotes
de C. Broschi, continuèrent longtemps à
l'appeler 'Il ragazzo' ou 'Il bambino' [le
petit garçon].
Le public, lui, décerne aussi des surnoms aux
chanteurs:
Matteo
Sassano
devient Matteuccio, Giuseppe
Appiani
Appianino, Franceso
Pistocchi
Pistocchino et Nicolo
Grimaldi
Nicolino.
Certains surnoms proviennent aussi du jeune âge du
chanteur, conservant ainsi une connotation amicalement
enfantine:
Antonio
De
Nicollellis:
Cicillo
Fracesco
De
Castris:
Checco
Antonio
Rivani:
Ciccolino
La ville natale aussi peut donner son surnom
au chanteur:
né à Sienne, Francesco Bernardi sera
Senesino
Domenico
Cecchi:
Cortona
le contraltiste Melchiorri,
né à L'Aquila dans les Abruzzes:
L'Aquilano. Cependant q'un autre surnom lui
est donné: Cacciacuori [le bourreau des
coeurs] !
Enfin, un rôle marquant peut aussi donner le
surnom:
le chanoine de Saint-Pierre de Rome, Tommaso
Inglirami,
chanta si bien de rôle de Fedra, dans l'opéra
du même nom, conservera le surnom de
Fedra.
Dans le 'Scipione Africano' de Cavalli, Francesco
Rossi,
éblouissant dans le rôle d'un des
protagonistes, portera désormais le surnom de
Siface.
Sur les affiches, ou dans les lettres, les surnoms seont
placés après les prénom et nom des
artistes. Ainsi, une signature sera: Carlo
Broschi,
dit Farinelli.
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Concernant
l'orthographe, la langue italienne de l'époque
acceptant quelques fantaisies sur les noms propres, et en
particulier les voyelles, on ne s'étonnera pas de
trouver indifférement Farinelli ou Farinello,
Caffarriello ou Caffarelli, Gizziello ou
Egizielo, Pacchiarotti ou Paccherotti.
pour exemple:
Un architecte de l'époque parle dans une lettre du 13
juillet 1756 de Farinelli, alors que dans celle du 24
juillet, il le nomme Farinello.
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