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Trois
jours seulement après avoir terminé l'oratorio
Saul, Haendel commence une oeuvre tout à fait
dérangeante. Cet oratorio d'ailleurs subit un
échec cuisant. Haendel, lors des deux reprises
suivantes, essaya de réduite le nombre de choeurs,
ajouta des airs italiens, mais sans plus de succès
!
Haendel a pourtant beaucoup compté sur cette oeuvre
pour faire son grand retour auprès du public
londonien. Dans ce but, il compose l'un après l'autre
trois oratorios:
- Saül, opéra sans décor, dont le livret
est emprunté à la Bible, il connut un
suucès jamais démenti.
- Judas Macchabée
- l'Allegro, il Penseroso ed il Moderato, qui connut un
succès plus probant qu'Israel, mais disparut par la
suite.
Suite à la mort de la reine Caroline, bienfaitrice de
Haendel, il compose la cantate funèbre "The ways of
Zion do mourn" [les chemins de Sion sont dans le
dueil]. Cependant, cette musique, sublime, risque de
tomber dans l'oubli, étant oeuvre de circonstance.
Haendel réutilise le matériau, et
l'élargit aux dimensions d'un oratorio, prenant le
titre de "lamentation des Israélites sur la mort de
Joseph". Il mit aussi en musique le "cantique de
Moïse", et obtient ainsi une oeuvre très lourde,
sans aucune attache entre la première et la seconde
partie. Il décide donc d'en faire un oratorio en III
parties. Ainsi, ce qui doit être la seconde partie
narre les tribulations du peuple Hébreux, sa
libération du joug égyptien, et ses
tribulations. Cette partie est consacrée aux sept
plaies que Moïse fait supporter aux
égyptiens.
Devant la lourdeur de l'oeuvre, Haendel renonce à
réutiliser les fragments prévus de la cantate
funèbre. L'oratorio reprend donc sa forme en II
parties.
Cette oeuvre, boudée du vivant du compositeur,
retrouve une seconde vie grâce au public victorien,
qui crie au chef-d'oeuvre. Un critique victorien:
"Il s'agit là d'une oeuvre à part, unique, qui
dépasse tout ce qui a existé jusqu'ici en
musique descriptive pour choeurs."
Ce public, que Wagner décrit comme "allant à
l'oratorio comme on va à l'église", ne
s'intéresse pas au contenu de l'oeuvre, mais à
la portée musicale et religieuse. Il lui faut du
grandiose et du lourd.
A ce titre, "Israel in Egypt" tient une bonne place aux
côtés des exécutions colossales du
"Messie" !
Quatre courts récitatifs, quatre airs sans "da capo",
trois duos sont quasiment "enfouis" sous la masse de 28
choeurs !
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