
retour Marc-Antoine Charpentier retour oeuvres
Caecilia: Cécile: Historicus: Historicus: Caecilia et Valerianus: Cécile et Valerianus: Historicus: Historicus: Almachus: Almachus: Caecilia: Cécile: Caecilia: Cécile: Almachus: Almachus: Caecilia: Cécile: Caecilia: Cécile: Chorus Fidelium: Choeur des Fidèles: Angeli: Anges: Tutti: Tous: retour Marc-Antoine Charpentier retour oeuvres
Est secretum, Valeriane, quo tibi volo dicere.
Valerianus:
Aperi mihi mentem tuam, soror mea, sponsa mea, dic mihi quid vis.
Caecilia:
Audi, Valeriane: Angelum Dei habeo amatorem qui nimio zelo custodit corpus meum.
Valerianus:
O chara Caecilia, delitiae cordos meis, Caecilia, Caecilia, amores mei, quomodo dictis tuis fidem dare prodero, nisi prius viderim custodem nunc de quo locuta es ?
Caecilia:
Fac ut baptismalis sanatorum mentis tuae caliginem dissipet, Angelum Dei videbis, zelatorem et custodem virginitatis meae.
Caecilia et Valerianus:
Et aquis lustratibus Valerianus initiatus, in cubiculo Caeciliam orantem invenit cum Angelo, qui dedit illis flores suavissinum odorem mittentes.
Il est un secret, Valerianus, que je veux te confier.
Valerianus:
Ouvre-t'en à moi, ma soeur, mon épouse, dis-moi ce que tu veux.
Cécile:
Ecoute, Valerianus: j'ai pour amant un ange de Dieu qui garde mon corps avec un grand zèle.
Valerianus:
O chère Cécile, délices de mon coeur, Cécile, Cécile, mes amours, comment puis-je ajouter foi à tes dires avant d'avoir vu le gardien dont tu viens de me parler ?
Cécile:
Accepte que l'eau baptismale de ceux qui sont guéris vienne dissiper les ténèbres de ton esprit, et tu verras l'ange de Dieu, gardien zélé de ma virginité.
Cécile et Valerianus:
Et, après avoir été initié par les eaux lustrales, Valerianus trouva Cécile priant avec l'ange qui leur tendit des fleurs dégageant la plus suave des odeurs.
Acceptis autem ab Angelo flosculis, Caecilia et Valerianus talia Tiburtio dicebant:
Alors, ayant accepté les fleurettes des mains de l'ange, Cécile et Valerianus dirent à Tiburtius:
Num, flores odoraris.
Tiburtius:
O suavis, O mirus pro tempestate odor, quis dedit vobis flosculos istos ?
Caecilia et Valerianus:
Angelus Dei qui custodit nos.
Tiburtius:
Quae mira narratis ?
Caecilia et Valerianus:
Et mira et vera.
Tiburtius:
Incertus vix credo.
Caecilia et Valerianus:
Quod certum agnoscis.
Tiburtius:
Hoc verum non puto.
Caecilia et Valerianus:
O Tiburti, in caelos respice, in terras et flunctus, in caelos respice, et vide cuncta quae sunt in eis; qui dixit, et facta sunt haec omnia, nonne potest operari similia ?
Tiburtius:
Te Christum agnosco, te Deum confiteor.
Tiburtius, Caecilia & Valentianus:
Nunc ergo, unanimes juremus in Christe fidem.
Te Christum agnoscimus qui solus facis mirabilia.
Caecilia:
Deleantur dii gentium nimina, numina sculptilia.
Adoremus Deum verum qui solus facit mirabilia.
Valerianus:
Confrigantur, dii gentium numina, numina sculptilia.
Veneramur Deum vreum qui solus facit mirabilia.
Tiburtius:
Destruantur, conterantur dii gentium, numina sculpitia.
Adoremus Deum verum qui solus facit mirabilia.
Tutti:
O christi fidem profitentium suave melos, concentus dulcis, mellitus cantus, O, O, O caelestium praegustatio voluptatum !
Maintenant, sens ces fleurs.
Tiburtius:
O suave, o merveilleuse odeur, qui vous a donné ces fleurs ?
Cécile et Valerianus:
L'ange de Dieu qui nous garde.
Tiburtius:
Quelles merveilles me contez-vous là ?
Cécile et Valerianus:
Des merveilles qui sont vraies.
Tiburtius:
Je suis troublé, et j'ai peine à vous croire.
Cécile et Valerianus:
Tu reconnais que cela est certain.
Tiburtius:
Mais, en vérité, je ne le crois pas.
Cécile et Valerianus:
O Tiburtius, regarde dans les cieux, sur terre, et dans les flots, regarde dans les cieux et vois tout ce qui s'y trouve: celui qui créa toutes choses par la puissance de son verbe ne peut-il pas faire de telles merveilles.
Tiburtius:
Christ, je te reconnais, Seigneur, je te proclame !
Tiburtius, Cécile & Valentianus:
Et maintenant, jurons fidélité au Christ.
O Christ, nous te reconnaissons, Toi seul qui fais des merveilles.
Cécile:
Que les divinités païennes soient détruites !
Que soient détruites les divinités sculptées.
Adorons le vrai Dieu qui seul fait des merveilles.
Valentianus:
Que soient détruites les divinités païennes, les divinités sculptées.
Vénérons le vrai Dieu qui seul fait des merveilles.
Tiburtius:
Détruisons, brisons les divinités païennes, les divinités scumptées.
Adorons le vrai Dieu qui seul fait des merveilles.
Tous:
O suave mélodie, O ravissants accords, O doux chant de ceux qui professent la foi au Christ, O, O, O avant-goût des célestes voluptés !
Cum ante Valeriani et Tiburtii conversionem intellexisset, Tyrannus morte crudelissima damnavit eos; et Caeciliam blanditiis in suam trahere sentetiam frustra conatus, sic furens, si frendens eam alloquitur:
Comme auparavant il s'était aperçu de la conversion de Valerianus et de Tiburtius, le Tyran les condamna à une mort très cruelle, puis ayant essayé en vain de gagner Cécile à ses croyances par des flatteries, il lui dit furieux et avec rage:
O conjugis et fratris ejus parricidale ductrix, quae chimeram adoras, et volens deciperis, dic mihi, indica mihi, quid de bonis eorum actum sit, nam pertinent ad me.
O inspiratrice meurtrière de ton mari et de son frère, toi qui adores une chimère et qui veux tromper, dis-moi, indique-moi ce qu'il est advenu de leurs biens, car ils me reviennent.
O conjugis et fratris homicida tyranne, qui Christum ignoras et falsa nimina sequeris, aperui manum meam, Christi pauperibus et bona conjugis mei et fratris ejus eis distribui, nam pertinent ad eos.
Almachus:
Aut jovi sacrifica, aut morti te tradam.
O tyran, assassin de mon mari et de son frère, toi qui ignores le Christ, et qui adores de fausses divinités, tu as ouvert ma main, et j'ai distribué les biens de mon mari et de son frère aux pauvres du Christ; maintenant ils sont à eux.
Almachus:
Ou bien tu sacrifies à Jupiter, ou bien je te condamne à mourir.
Deos colore, argentum et aurum adorare opera manuum hominum insanientis est.
Nolo, nolo falso nimini tuo sacrificare.
Abscinde, combure, crudelis avare, non torrent me cruces nec dira tormenta; et ferrum intenta, haec mihi tot poenae pro Christo ferendae erunt suavae et charae.
Honorer les dieux, adorer les objets d'or et d'argent faits par la main de l'homme est digne d'un fou.
Je ne veux pas, non, je ne veux pas sacrifier à ta fausse divinité.
Déchire-moi, cruel avare, brûle-moi, je ne crains ni les tortures, ni les affreux tourments, allumes les flammes, tends le fer vers moi, toutes ces souffrances endurées pour le Christ me seront suaves et chères.
In devorantes fornacis ardentis flammas, nudam te destructam !
Caecilia:
In his dabit mihi Christus dulce refrigerium !
In his dabit mihi sponsus caeleste solatium !
Almachus:
Si flammes voraces et hypocausta cadentia vitas, gladium non vitabis !
Je te jeterrai nue dans les flammes dévorantes d'un four ardent !
Cécile:
Le Christ m'enverra une douce fraîcheur !
Mon époux me donnera sa céleste consolation !
Almachus:
Si tu échappes aux flammes voraces et à la chaleur du four, tu n'échapperas pas au glaive !
Quid moraris ? Qui cunctaris ?
Agen age, morte mihi ùaturatam, deinde sideratam triumphos meos relentes, ah, ah, nolite date.
Almachus:
Cito, cito, cito ministri, ream corripite, in eam poenite et occidite !
Qu'attendez-vous ? Pourquoi hésitez-vous ?
Allez, allez, ne me donnez pas une mort tardive qui deviendrait funeste car elle détruirait mon triomphe.
Almachus:
Vite,vite, vite bourreaux, saisissez-vous de la coupable, torturez-la et tuez-la !
Ecce, ecce mihi Jesu, vocem meam exaudisti, ecce, ecce sponse; fecisti secundum cor ancillae tuae: suspirans deficio, amore morior, accipe spiritum meum !
Me voici, me voici Jésus, tu as exaucé ma prière,me voici mon Epoux, tu as faitselon le coeur de ta servante; en soupirant,je m'éteinds, je meurs d'amour, reçois mon esprit !
Heu, heu, moritur Caecilia.
Heu pulchra, heu casta virgo moritur !
Hélas, hélas, Cécile est morte.
Hélas, la belle, la chaste vierge est morte !
Cur ploratis fideles, cur suspiratis ?
Nolite flere fideles, non moritur Caecilia, sed ab angelis coronata ascendit super sydera ut inter choros virginum laetetur et vivat in eternum Eya ergo, Caecilides, cantate Caeciliam, jubilate, celebrate victoriam ejus, eya ergo Caecilides jubilemus !
Pourquoi pleurez-vous, fidèles, pourquoi soupirez-vous ? Ne pleurez pas.
Cécile n'est pas morte, mais, couronnée par les anges, elle est montée au ciel afin qu'elle se réjouisse avec le choeur des vierges et qu'elle vive pour l'éternité.
Or donc, Cecilides, chantez Cécile, réjouissez-vous, chantez sa victoire.
Or donc, Cecilides, réjouissons-nous !
Eya ergo cantemus et exultemus in victoria Caecilae. Cantemus virginem, mundi delitias et carnis illecabras, despicientem martyrem in cruciatibus de tyranno triumphatur.
Jubilemus et cantus nostros resonent organa in victoria Caecilae.
Cithara resonet, resonet tibia, et jucundae modeletur tubaenoe moenia !
Ut volet per orbem Caeciliae victoria !
Or donc, chantons et exultons dans la victoire de Cécile.
Chantons la vierge, délices du monde, attraits de la chair, martyre glorieuse qui a triomphé du tyran.
Réjouissons-nous et que nos chants et les orgues résonnent de la victoire de Céciles.
Que résonne la cithare, que résonne la flûte, et que les murs vibrent au son joyeux des trompettes !
Que vole par l'univers la victoire de Cécile !
ET DE L'ORATORIO