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LES TERMES

[Un] ANTHEM: terme anglais, motet de la liturgie anglicane


[Une] ANTIENNE:(du grec 'antiphonê', "qui répond à") est un refrain, souvent bref et de préférence chanté, avant et après un psaume.
Musicalement, l'antienne est l'ancêtre du refrain.

[Un ou une] ARIA: mot italien [air en français, Ayre en anglais], mélodie qui exprime des sentiments dans une oeuvre vocale. Le terme 'Aria' est apparut à la fin du XVI° siècle. Se décline en : air de cour, aria da capo, air sérieux, air à boire, air de concert, etc...

Ballad Opera: forme anglaise de théâtre lyrique au XVIII° siècle. Les dialogues sont parlés, les air & les choeurs sont empruntés soit à des chansons populaires, soit à des oeuvres de compositeurs renommés tels Purcell ou Haendel.
Les plus célèbres sont:
- Beggar's Opera [l'opéra des gueux], 1728, de J. Gray & J. Pepusch
- The Devil to pay, 1731, de Ch. Coffey

[Une] BASSE CONTINUE: appelé aussi 'continuo', il s'agit d'un système de notation. On n'écrit que la basse d'accompagnement [suite d'accords] sous la ligne mélodique.

[Une] CANTATE (dérivé de l'italien 'cantare', "chanter") est une composition vocale et instrumentale qui comporte plusieurs morceaux. Elle porte généralement sur un thème qui peut être profane (cantata da camera) ou sacré (cantata da chiesa), mais à la différence de l'opéra, elle ne comporte aucun aspect théâtral.

 C'est à l'époque baroque que la cantate a véritablement pris son essor et qu'elle s'est imposée comme un genre majeur.

 

[un] CHORAL: cantique protestant en Allemagne


[un] CONTRE-TENOR: ne souhaitant faire aucune erreur sur ce terme, je vous renvoie au site des contre-ténors. ---> aller sur 'articles', puis définition du contre-ténor


[Un] DA CAPO: signifie 'Au commencement', et indique qu'il faut reprendre le morceau à son début, jusqu'au mot 'Fine'.

[Un] DESSUS: dans la musique ancienne, désigne la partie la plus aigüe d'un ensemble de voix [les sopranos] ou d'instruments [violons, flûtes...].

[Un] HAUTE-CONTRE: voix d'homme, équivalent à l'alto féminin. Mais là encore, rendez-vous sur le site contre-tenor.net. Vous y lirez un article intérressant intitulé: contre-ténor vs haute-contre.


[Une] MESSE POUR ORGUE est une composition musicale en usage en France aux XVII° et XVIII° siècles. Elle consiste en une suite de courtes pièces destinées à alterner, en le respectant, avec le plain-chant pendant la messe.

[Un] MOTET (du latin 'motetus', "petit mot") est une composition musicale apparue au XIII° siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, généralement religieuse, courte, et écrite sur un texte en latin.
 En Italie, le motet engendra l'oratorio.
 En France, le motet fut illustré, notamment, par Henry Du Mont ; sous l'égide de Louis XIV, Lully, puis Delalande inaugurèrent le "grand motet" ou "motet à grand chœur", équivalent à l'antienne des Anglais et à la cantate des Allemands. Lully composa le motet "Plaude Laetare Gallia" pour le baptême du Dauphin. Le grand motet regroupait des morceaux variés sur un texte liturgique latin, pouvant être construits avec huit voix, instruments concertants, orchestre et basse continue. Exécuté chaque jour dans la Chapelle royale, le grand motet devint la pierre angulaire du répertoire du Concert Spirituel (1725). Le genre fut maintenu sous l'Empire par Jean Francois Le Sueur, à la chapelle des Tuileries. Parallèlement, les petits motets, à voix seule et basse continue, étaient joués dans les petites églises.

En Allemagne, Johann Sebastian Bach composa six grands motets vers 1730 : "Singet dem Herrn ein neues Lied", "Der Geist hilft unser Schwachheit auf", "Jesu, meine Freude, Fürchte dich nicht, Komm, Jesu, komm !", "Lobet den Herrn alle Heiden" - BWV 225-230.

 Le genre culmina au milieu du XVIII° siècle avec les grands motets de Mondonville.
Wolfgang Amadeus Mozart a écrit quelques motets très atypiques dont le plus connu reste son "Exsultate, jubilate".


[Un] ORATORIO est une œuvre lyrique, formellement assez proche de l’opéra : il est en principe destiné à une exécution dans l’enceinte d’une église, pour une occasion particulière, ou en concert. Son sujet est le plus souvent religieux : épisodes tirés de la Bible, de la vie de Jésus, plus occasionnellement de la vie d’un(e) saint(e).
L'oratorio est, de plus en plus, considéré comme un remplaçant à l'opéra, tout particulièrement pendant le Carême. C'est une période durant laquelle les représentations l'opéras étaient interdites par les autorités ecclésiastiques, et les théâtre étaient fermés.

 

L’âge d’or de l’oratorio:

C’est du XVIII° siècle que datent les plus éclatantes réussites du genre, celles auxquelles le nom de l’oratorio est le plus fréquemment associé : "la Passion selon Saint Matthieu" de Bach (1729), le "Messie" de Haendel (1742) et "La Création" de Haydn (1798). De façon générale, on peut dire que l’oratorio connaît son âge d’or entre la fin du XVII° siècle et le début du XIX° siècle.

Si les incursions ponctuelles de Mozart (Le devoir du Premier Commandement, 1767, La Bétulie libérée, 1771, David pénitent, 1785) et Beethoven (Le Christ au Mont des Oliviers, 1803) n’ont guère marqué le genre ni les mémoires, certains compositeurs se montrent très prolifiques dans ce domaine, comme Alessandro Scarlatti, Carissimi ou Georg Friedrich Haendel : on leur attribue à chacun une trentaine d’oratorios, même si l’immense majorité est tombée dans l’oubli ou a été perdue (en particulier dans le cas de Vivaldi, dont seule la "Juditha triumphans" nous est parvenue).

Quelques oratorios célèbres:

  • - Heinrich Schütz : Histoire de la Résurrection, 1623
  • - Heinrich Schütz : Les sept Paroles du Christ en croix, 1645
  • - Giacomo Carissimi : Jephta, av. 1650
  • - Heinrich Schütz : Histoire de la Nativité, 1664
  • - Alessandro Scarlatti : Agar et Ismaele esiliati, 1684
  • - Georg Friedrich Haendel : La resurrezione, 1702
  • - Alessandro Scarlatti : Sédécias roi de Judée, 1705
  • - Alessandro Scarlatti : Oratorio per la Santissima Trinità, 1715
  • - Antonio Vivaldi : Juditha triumphans, 1716
  • - Johann Sebastian Bach : Passion selon Saint Jean, 1724
  • - Johann Sebastian Bach : Passion selon Saint Matthieu, 1729
  • - Johann Sebastian Bach : Oratorio de Noël, 1734
  • - Johann Sebastian Bach : Oratorio de Pâques, 1735
  • - Johann Adolf Hasse : Serpentes ignei in deserto, 1735/39
  • - Georg Friedrich Haendel : Saul et Israël en Egypte, 1739
  • - Georg Friedrich Haendel : Le Messie, 1742
  • - Georg Friedrich Haendel : Judas Macchabée, 1747
  • - Georg Friedrich Haendel : Théodora, 1750
  • - Georg Friedrich Haendel : Jephta, 1752
  • - Georg Philipp Telemann : Le Jour du Jugement, 1762

Histoire de la PASSION en musique

La mise en musique des derniers jours de la vie du Christ est une tradition qui remonte aux premiers siècles de la chrétienté. Les premières sources écrites remontent au IX° siècle mais on sait que la Passion selon le récit des quatre évangelistes était psalmodiée à quatre jours différents de la Semaine sainte. Au XIV° siècle, la tradition partageait les rôles entre trois religieux : le premier (voix de ténor) était le narrateur (l'évangeliste ou historicus), le second (voix de basse) jouait le rôle du Christ et le troisième (voix d'alto) celui des autres personnages (soliloquentes), tels que Pierre, Judas, Pilate. Les paroles de la foule (turba) et des disciples étaient chantées à l'unisson par les trois chantres.

Au cours du XV° siècle, la polyphonie envahit la musique de messe et donc la Passion : la Passion-motet était chantée entièrement en polyphonie par un même ensemble vocal (Demonteus). Au XVI° siècle s'imposa une fusion de la Passion chorale à une voix et de la Passion-motet polyphonique pour donner le genre "responsorial" où, souvent, seules l'introduction et la conclusion étaient écrites en polyphonie.

En Allemagne, à l'époque de la Réforme, l'allemand remplaça le latin des textes religieux et dés 1530, un ami de Luther, le compositeur Johann Walter introduisit un genre de Passion-répons en allemand, où une polyphonie très simple à quatre voix était réservée aux turbae, alors que les paroles de l'évangeliste et des divers acteurs étaient psalmodiées. Mais les instruments de musique restaient interdits dans les églises au temps de la Passion ce qui limitait les possibilités musicales de cette forme.

Au XVII° siècle, Heinrich Schütz a été le dernier compositeur à rester attaché à la Passion-répons, genre qu'il a su imprégner de sa grande sensibilité. Peu à peu une nouvelle technique de composition, la monodie, venue d'Italie s'imposa. Ce chant d'un homme, un héros, soutenu par les instruments, comporte aussi des récitatifs dramatiques et des airs (aria) qui traduisent les divers états de l'âme. L'opéra couronnera avec succès ce chant qui sera aussi fructueux dans la musique religieuse.

La Passion perdit alors son importance au profit de l'oratorio et le sujet fut traité sous la forme d'un "Oratorio de la Passion" . Le texte, désormais librement adapté des évangiles, épousait un déroulement dramatique, proche de l'opéra. L'air permettait désormais d'exposer de manière subjective et de commenter en parabole la tragédie de la Passion alors que jusqu'ici la méditation lyrique était reservée au chœur d'entrée et au chœur final, représentant la communauté idéalisée des chrétiens. Dans l'ancienne Passion chorale, même les fidèles participaient en chantant un cantique avant et après la lecture de l'Évangile.

Un "Oratorio de la Passion" est par exemple 'la Passion selon Saint Matthieu' écrite en 1663 par Johann Sabastiani maître de chapelle du prince électeur de Brandebourg. Cette composition introduit un grand nombre de chorals chantés par un soliste accompagné de cordes comme des arias, dans le but de "faire naître plus de dévotion". Ces insertions à caractère contemplatif préparent le type des Passions de Bach.

 

Le livret de Brockes:

Barthold Heinrich Brockes, conseiller municipal à Hambourg, écrivit la plus célèbre version poétique de la Passion du Christ. Parue en 1712 sous le titre "Der für die Sünde der Welt gemartete und sterbende Jesus" ("Jésus martyrisé et mourant pour le péché du monde"), cette passion fut mise en musique entre autre par Reinhard Keiser en 1712, par Haendel et Telemann en 1716, par Mattheson en 1718. Le livret de la Passion selon Saint Jean de Bach emprunte au texte de Brockes.

Comme la musique de la Passion ne faisait pas encore partie fixe de la liturgie des Vêpres du Vendredi Saint, elle ne pouvait pas être totalement composée sur un texte moderne et devait de toute façon comporter le récit total et inchangé de l'évangile. Cependant on intercala entre les paroles du Nouveau Testament des parties dites "madrigalesques", c'est à dire des airs sur des paroles d'invention libre qui commentent le texte biblique et des chorals d'écriture homophone et très expressive qui représentent l'assemblée des fidèles. Si elle ne chantait plus la mélodie en même temps que le chœur (au jubé ou à la tribune), l'assemblée entendait, en quelque sorte, chanter son propre rôle.


[Un] RECITATIF: système mélodique sans forme, qui suit le sens des mots.


TAILLE (Basse-Taille): ténor [taille] & basse [basse-taille], utilisés exclusivements dans la musique française.
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